Parution : 22 août 2012
De la junkhealth à la Junksport

La science est fière, à juste titre, des progrès de la médecine. Tout concourt pourtant à prouver que nous sommes parvenus à un pic à partir duquel la condition sanitaire des masses va se dégrader. La responsabilité en incombe autant aux lobbies de la santé qu’à l’idéologie de la santé parfaite dénoncée par Lucien Sfez.

Ce refus de vieillir et de mourir, emblématique du déni de toute finitude, est exploité par une industrie qui est parvenue à allonger la durée de la vie en refoulant les questions sur la fin de vie. Ce système de santé est voué à l’échec dès lors qu’il refoule la mort mais aussi le corps humain dans sa dimension sociale. Cette conception machinique de l’homme est sans donc « bonne » pour sa médicalisation à outrance mais fait-elle son bonheur ? Notre société consomme au bas mot 10 % de sa richesse à la santé. Mais on sait que non seulement presque la moitié des médicaments sont inefficaces mais qu’ils tuent bien davantage que la voiture. On ne cesse aussi d’inventer des maladies pour vendre des médicaments : des problèmes mineurs comme la timidité ou les syndromes prémenstruels sont de plus en plus systématiquement médicalisés, tout comme les ruptures amoureuses. Changer la façon dont les gens perçoivent leurs troubles ou défauts constitue un marché sans fond car, comme l’a montré Canguilhem, il n’existe pas de frontière ferme entre le normal et le pathologique. Les Etats-Unis avec 5 % de la population mondiale consomme 50 % des médicaments mondiaux…
[découvrez l’ensemble de ce dossier dans le numéro 3 des Zindignées)

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